jeudi 25 août 2005

L'Ile-de-France lutte contre la chrysomèle (ravageur du maïs)… à grands coups d’hélico !

2000 litres de Décis Expert® (insecticide à base de deltaméthrine) vont être déversés par hélicoptère sur 5.000 ha de maïs en Ile-de-France, à deux reprises en août et septembre 2005, afin de lutter contre la Chrysomèle du maïs.

ACTU: Les premières pulvérisations avaient eu lieu la semaine du 23 août 2005, elles ont repris le 6 septembre et doivent durer toute la semaine en fonction de la météo. Elles ont débuté par le Surd-Ouest du département, dans la région de Neauphle le Vieux.

Rappel des faits
660 pièges à insecte ont permis la capture de Chrysomèle (Diabotrica virgifera). Ce ravageur du maïs vient d’Amérique et est apparu il y a quelques années en Europe. Sa présence est due aux pratiques intensives liées à la monoculture de maïs. Le 9 Août, le préfet des Yvelines a donc pris un arrêté définissant le périmètre et les mesures de lutte contre la Chrysomèle.

Les craintes des agriculteurs bio
Interpellé par M. et Mme Bignon, agriculteurs biologiques dans les Yvelines, le MDRGF a aidé ces exploitants à monter un dossier contre un arrêté préfectoral déterminant une zone géographique (Yvelines, Essonne, Seine et Marne) rendant obligatoire une lutte insecticide au Décis Expert® (insecticide à base de deltaméthrine) contre des chrysomèles adultes (2 traitements aériens) et contre leurs larves (traitement insecticide dans le sol au moment du semis) sur toutes les parcelles de maïs.

Le MDRGF a fait état de la dangerosité de ce produit et de l’existence de mesures alternatives. La DRAF* reconnaît elle-même que la lutte la plus efficace contre la chrysomèle étant la rotation longue des cultures .
En s’appuyant sur ce dossier, la FNAB** et les agriculteurs bio concernés, se sont rendus à la DRAF pour plaider leur cause, ces pulvérisations mettant en péril leur récolte bio.
Une petite victoire
Ces agriculteurs ont obtenu, in extremis, que ne soit pas épandu sur leur champ bio cet insecticide mais un autre, la roténone, ce produit étant accepté dans le cahier des charges biologique. Une « victoire » au goût amer aux dires de l’exploitante, elle-même. Car si pour M et Mme Bignon la récolte bio est sauve, les dégâts pour l’environnement et la santé humaine restent entiers.
Mme la Directrice de la DRAF se veut rassurante en indiquant que «Des précautions sont prises. Le traitement insecticide par hélicoptère se fait au ras des parcelles concernées ». « En outre, le maire informe la population 48 heures auparavant pour éviter qu'un centre aéré, par exemple, se retrouve à proximité.» poursuit elle. Or sur place on constate que les choses ne sont pas aussi évidentes !

Des nuages de pesticides aux bords des routes
En ce qui concerne la pulvérisation « au ras des parcelles concernées », on vous laissera apprécier les photos de l’hélicoptère au travail, pulvérisant à tous crin et à tous moments. Des brouillards de pulvérisations débordent largement des champs quand des cyclistes - très fréquents dans cette région - passent pour leur entraînement, quand des marcheurs se rendent dans les bois tout proches, quand des voitures, fenêtres ouvertes pour cause de beau temps, circulent... Nous n’insisterons pas non plus sur les signalements visuels inexistants …Vous dévouvrirez ci-dessous un témoignage éloquent sur les fameuses "précautions prises"....

Témoignage de M. L., maraîcher dans les Yvelines
"Hier*, je me trouvais dans une parcelle en train de cueillir des tomates sur Orgeval, côte des Alluets, un hélicoptère est venu traiter une parcelle de maïs de M. B., parmi les maisons. Le pilote a fait deux rotations, sur 2000 ou 3000 mètres, je sais pas si ça a servi…en fait, ça a servi à rien car son produit sans allait sur le toit des maisons [à côté desquelles] y a un petit jardin potager ."
*ndrl : mercredi 24 août 2005

Des promeneurs ignorants
Et l’information des populations dans tous ça ? En interrogeant des promeneurs locaux, hier jour de beau temps et donc de pulvérisation…, on constate la non information totale des passants, choqués d’apprendre qu’en ce moment on pulvérise par hélicoptère leur zone de balade.

Conseil
Restez calfeutrés chez-vous si on pulvérise dans votre secteur pour éviter l'exposition. Des pulvérisations auront sûrement lieu les 29 et 30 août et à d’autres dates en septembre, impossibles à obtenir pour le moment de la part de la DRAF ou de la coopérative qui fournit les produits. Cette dernière se veut rassurante à l’extrême et un de ses salariés n’hésite pas à nous dire au téléphone : « Ne vous inquiétez pas ce produit n’est absolument pas dangereux pour l’Homme »…Ah bon !? On avait pourtant cru lire dans les nomenclatures officielles que la deltamethrine était classée Toxique (T) !

Procès en cours La confédération paysanne a entamé, debut septembre, un procédure judiciaire dont nous vous tiendrons informés.
Revue de Presse sur la campagne ChrysomèleLibération (24/08/05), Journal de l'environnement , Le Parisien (02/09/05), La France agricole (semaine du 6 septembre 2005).
>>> A suivre ...
*DRAF Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt**FNAB Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique

mardi 5 juillet 2005

Bilan de la consultation européenne sur l'utilisation "durable" des pesticides

L’Union Européenne prépare une législation appelée stratégie thématique sur l'utilisation « durable » des Pesticides. A cette occasion, elle a organisé une consultation sur le projet de texte.

Bilan de la consultation européenne sur l'utilisation "durable" des pesticides
En effet, 1172 personnes ou organisation ont participé à cette consultation.
La France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie regroupent les 2/3 des réponses, dont 30% pour la France à elle seule ! (515 réponses dont 120 grâce à vous !)ANALYSE DES RESULTATS
Les résultats montrent une division dans les attitudes en particulier concernant les zones sans pesticides, l’utilisation d’indicateurs, la réduction des risques liée à l’utilisation des pesticides et la taxation des pesticides. Voici quelques éléments à mettre en avant:

1. Concernant la mise en place de Plans d'Actions Nationaux.

- 49% des personnes ayant répondu souhaitent des « Exigences particulières pour les schémas de pulvérisation aérienne », cela est moyennement important pour 35% et faiblement pour 2%.
- 44% des personnes sont pour des « Restrictions d’usage dans les endroits publics », 34% pensent que cela est moyennement important alors que 8% jugent que cela est faiblement important.
- La majorités des réponses (43%) sont en faveur de « l’établissement de valeurs seuils et objectifs quantitatifs de réduction des risques au niveau national »

2. Au sujet de la formation et l’information.

Sur les exigences minimales que devrait couvrir un programme de formation pour les utilisateurs professionnels :
- Une majorité, soit 48%, des personnes pensent qu’il est important de former les utilisateurs à la « Lutte et l’Agriculture Intégrée ».
- 83% pensent qu’il est important de les former sur la « Protection de l’environnement » et 46%, soit la majorité sur les « Alternatives à la protection chimique ».
- 71% des réponses indiquent qu’il faudrait rendre obligatoire une certification des participants aux formations données, qui devraient avoir lieu une fois tous les 3 ans (pour 51%).

3. Contrôle des pulvérisateurs et standardisation du matériel d’application

82% des personnes ayant participé à la consultation pensent qu’il est important de mettre en place un système d’inspection des pulvérisateurs, au moins une fois par an.

4. Mesures spécifiques pour la pulvérisation aérienne

Les exigences minimales concernant les pulvérisations aériennes pour que celles-ci soient réalisées avec précaution sont une « Formation spécifique et certification des pilotes. » (79%), une « Procédure d’autorisation spécifique pour les pesticides à usage agricole pouvant être appliqués par voie aérienne. » (45%), une « Procédure de consentement préalable informé géré par les autorités locales avec évaluation systématique des risques associés aux pulvérisations aériennes de parcelles spécifiques de terrains. » (44%).

5. Zones à forte réduction ou sans utilisation de pesticides à usage agricole

La majorité des personnes ayant répondu (41%) pensent que des restrictions d’usages sont nécessaires notamment « pour assurer un niveau élevé de protection de certaines catégories d’individus parmi les plus sensibles de la population ou de certains compartiments les plus exposés de l’environnement ».
Mais 45% (contre 37%) des personnes pensent que ces restrictions devraient être levées en cas d’urgence.

6. Collecte d’emballages de pesticides à usage agricole et de produits non utilisés (obsolètes)

Concernant les structures qui devraient collecter les emballages ou produits obsolètes, une majorité (34%) pensent que cela devrait être assuré par une administration ad hoc et 32% par les industriels.

7. Surveillance et rapportage

Pour 66% des personnes ayant participé, le niveau le plus approprié, pour surveiller et faire un compte-rendu concernant les progrès réalisés en termes de réduction des risques, est celui de l’Etat Membre, avec une fréquence de rapportage d’au moins une fois par an (36%).
Contrôles de la mise en oeuvre
36% des participants pensent que le contrôle de la mise en œuvre des exigences légales liées à l’utilisation des pesticides, est bénéfique pour la protection de l’environnement et la santé humaine, mais les dispositions actuelles sont toutefois suffisantes. Les exigences supplémentaires seraient incommodes et coûteuses.
Alors que 32% pensent que le contrôle de la mise en œuvre des exigences légales liées à l’utilisation des pesticides est bénéfique pour la protection de l’environnement et la santé humaine et devrait par conséquent être renforcé.
Evaluation des risques comparée et principe de substitution
38% des participants considèrent que l’évaluation comparative devrait être appliquée au niveau de l’utilisateur, pour autant que cette possibilité soit couverte par les schémas de formation de l’utilisateur, 33% pensent que cela devrait être appliqué au niveau Communautaire pour une substance active incluse à l'annexe 1 spécifique appelée ‘substance active candidate pour la substitution.

8. Protection intégrée des plantes

Au sujet de la protection intégrée 41% des personnes ayant participé à la consultation pensent que cette protection devrait seulement être soumise à une définition générale, et par conséquent, la définition spécifique aux différentes cultures proposée dans le cadre de la Stratégie Thématique sera difficile, voire impossible à réaliser, alors que 30% estiment qu’elle devrait être définie et spécifiée plus avant.
9.Taxation
49% des participants estiment que la taxation des pesticides à usage agricole pourrait être utilisée pour influencer le comportement des utilisateurs et les encourager à se tourner vers des produits moins nuisibles.
52% pensent que la taxation des pesticides à usage agricole devrait uniquement servir au financement des mesures à mettre en œuvre dans le cadre de la Stratégie Thématique.

vendredi 20 mai 2005

Des pesticides interdits prévus sur un site de stockage dans le Pas de Calais

La société Act’Appro, située dans le Pas de Calais, a déposé un dossier pour demander l’autorisation d’agrandir son site de stockage de pesticides jusqu’à la capacité de 2 400 tonnes, dont 666 tonnes classées T et 15 tonnes T+ (toxique et très toxiques). Le seuil de classement d’un stockage en catégorie « Seveso haut » est de 500 tonnes seulement !
Les membres de l’association écologiste locale NATS (Non à Ternois Seveso) se posent des questions. «Pourquoi ce dossier, n’est-il toujours pas passé devant le Conseil Départemental d’Hygiène ? (le CDH aurait dû l’étudier dès février)», s’interroge Frédéric Lefèvre (Président de NATS). Si ce dossier est sans risque, pourquoi la Mission Inter Services de l’Eau (MISE) a-t-elle donc émis un «avis défavorable» sur le choix de rejet des eaux en milieu naturel présenté par Act’Appro? Comment se fait-il, aussi, «que nous n’ayons pas encore eu connaissance des résultats de l’enquête publique»?
A la demande de la NATS, le MDRGF a étudié le dossier préalable à l’autorisation déposé par la société Act’Appro. Nous avons eu la stupeur de trouver que plusieurs spécialités phytosanitaires, prévues pour être entreposées sur ce stockage, sont interdites d’emploi en France et en Union Européenne depuis plusieurs années ! Ces produits contiennent en effet des substances actives interdites comme l’Atrazine, le Terbufos (classé T), l’Endosulfan (classé T) ou encore le Parathion méthyl, (classé T+ !).
Le MDRGF a immédiatement prévenu le Préfet du Pas de Calais par lettre en le mettant en garde contre les dérives présentées par cette situation : « …pourquoi autoriser le stockage de matières actives très dangereuses, interdites à l’emploi en France, sur ce site ? Elles ne bénéficieront pas aux agriculteurs de la région qui ne pourront pas les employer et leur stockage servira seulement les buts lucratifs de l’entreprise Act’Appro qui essayera éventuellement de les exporter vers des pays où ces substances sont autorisées, à moins que l’entreprise ne décide de se servir du stockage comme une sorte de « décharge » pour pesticides dangereux interdits !
De plus, l’entreprise prévoit le stockage de spécialités extrêmement toxiques à base de paraquat comme le Gramoxone plus®. Le paraquat est un composé extrêmement toxique pour lequel, selon l’avis même du représentant du ministère de la Santé à la commission d'étude de la toxicité des produits antiparasitaires à usage agricole, il n’existe aucun antidote ! Comment l’entreprise entend elle dans ces conditions, pouvoir répondre aux éventuelles exigences d’un arrêté préfectoral qui, comme celui déjà accordé le 27/10/2003 prévoit dans son article 11 que l’exploitant devra fournir : « les moyens curatifs pouvant être utilisés pour traiter les personnes exposées à cette pollution » ?
Plusieurs semaines après l’envoi de cette lettre, nous n’avons toujours eu aucune réponse du Préfet.
A ce jour, les riverains n’ont toujours pas reçu les résultats de l’enquête publique et ne savent pas pourquoi Act’Appro veut stocker des pesticides interdits !
Le MDRGF va continuer à aider les associatifs locaux en se rendant le 16 mai prochain à une soirée conférence à laquelle participeront également de nombreux élus, locaux, régionaux ou nationaux, opposés au projet…
A suivre !
Le MDRGF se mobilise et participe à une conférence d’information organisée par l’association locale, NATS. Le MDRGF apporte son soutien aux élus locaux et à NATS, qui se retrouve aujourd’hui assignée en justice par la société Act’appro pour campagne de dénigrement. Cette association dénonce la possible installation d’un entrepôt de plus de 2400 tonnes de pesticides dangereux à Ternas, faisant de ce lieu un site classé Séveso III !
Déroulement de la réunion :
Le 16 mai à 20 H 30 à Saint-Pol sur Ternois a eu lieu une « Conférence-Débat » intitulée « Pesticides, Santé, environnement quel avenir ? ». En tribune se trouvait : François Veillerette, Président du MDRGF, Alain Alpern, Vice-Président du Conseil Régional chargé de l'Environnement et du Développement Durable, Florent Lamiot Ecologue.
La réunion s’est tenue en présence de Maurice Louf, Maire de St Pol et Conseiller Général.
Le MDRGF s’est exprimé sur cette question en expliquant pourquoi le projet de stockage de Ternas est un projet dangereux. En effet un certain nombre des pesticides figurant au dossier bien qu’interdits d’emploi en France et dans l’UE seront stockés sur le site de Ternas.

Exemples de produits interdits en France prévus dans le projet de stockage :
François Veillerette a rappelé que le dossier présenté, non actualisé, à la préfecture pour autorisation d’installation de ce centre de stockage, ne faisait état que de 90% des substances, quid des 10% restant ? Aucune information ne nous a été présentée à ce jour.
Florent Lamiot a présenté ces résultats de recherches sur l’impact des pesticides pour l’environnement et les pertes en biodiversité qu’engendre l’utilisation de ces produits, ainsi que la manière dont les pesticides se trouvent transportés dans l’air et l’eau et pourquoi ils s’accumulent dans les sols.
Enfin Alain Alpern, Vice-Président du Conseil Régional chargé de l'Environnement et du Développement Durable, s’est exprimé sur cette question en apportant son soutien à l’action menée par NATS.
Pour contacter Non A Ternas Seveso (NATS) : nats62@tiscali.fr

mardi 17 mai 2005

Conférence de presse sur l'irrradiation à l'assemblée nationale

Mardi 17 mai 2005 à 11h s’est tenue à l'Assemblée Nationale une conférence de presse, présidée par Yves Cochet, Député vert, sur l’irradiation des aliments intitulée « Aliments irradiés ? Réagissons ! ».
Cette conférence de presse a été organisée par un collectif d’associations anti-irradiation des aliments auquel participe le MDRGF. Ce collectif est coordonné par Public Citizen, association de référence sur cette question. François Veillerette a pris part à cette conférence de presse en tant qu’intervenant pour mettre en avant les méfaits sur la santé de ce procédé.

L'irradiation des aliments consiste à soumettre des produits alimentaires à des rayons gamma (généralement Cobalt 60) ou à des électrons projetés à une vitesse proche de celle de la lumière. Les produits autorisés à l'irradiation sont répertoriés dans une liste officielle* et doivent être étiquetés « traité par ionisation » ou « traité par rayonnements ionisants ».
Faute de contrôles suffisants, les pouvoirs publics sont à l'heure actuelle incapables d'évaluer et de maîtriser les volumes d'aliments irradiés effectivement commercialisés en France. Or, de très fortes incertitudes demeurent quant aux impacts sur la santé de la consommation d'aliments irradiés. Prenant en compte les résultats inquiétants de nouvelles études sur la toxicité et l'incidence sur le développement du cancer de la consommation d'aliments irradiés, les parlementaires européens ont voté en décembre 2002 en faveur d'une liste de denrées autorisées à l'irradiation très restrictive*. Le principe de précaution, récemment intégré dans la Constitution française, doit aussi être appliqué en France.

A l'occasion de la présentation par le député Yves Cochet d'une proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête relative à l'impact dans l'alimentation et sur la santé des denrées traitées par radiations ionisantes, le Collectif français contre l'irradiation des aliments a expliqué pourquoi il demande l'interdiction de cette pratique.

Etaient présents à cette conférence de presse:
> Yves Cochet (Député Vert de Paris)> François Veillerette (MDRGF)> Olivier Keller (Confédération Paysanne)> Nicolas Depret (Réseau Sortir du Nucléaire)> Laurent Leguyader (Action Consommation)> Morgan Ody (Public Citizen)

Pour la suite :
Yves Cochet va envoyer cette semaine (vers le 22 mai) une lettre à tous les députés les invitant à signer la proposition de résolution. La plupart des parlementaires contactés jusqu'à présent ont peu d'information sur cette question, ce qui est la principale raison de leur hésitation à intervenir dans le débat.


Par ailleurs, vous pouvez vous aussi soutenir notre campagne contre l’irradiation des aliment en diffusant et soutenant l'appel national contre l'irradiation des aliments déjà signé par de nombreuses organisations dont Action Consommation - Agir pour l'Environnement - Les Amis de la Terre - Association pour l'Information sur la Dénaturation des Aliments et la Santé (AIDAS) - Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs - ATTAC - Biocoop - Bure-Stop - Confédération Paysanne - CRiiRAD - Ecoforum - EKWO - Fédération Nature et Progrès - Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) - Public Citizen - Réseau Sortir du Nucléaire

>>> Tout sur l’Appel contre l’irradiation

* Produits dans la liste européenne : herbes aromatiques, épices, condiments
Liste additive pour la France : oignon, ail, échalote, légumes et fruits secs, flocons et germes de céréales pour produits laitiers, farine de riz, gomme arabique, volaille, cuisses de grenouilles congelées, sang séché et plasma, crevettes, ovalbumine, caséine et caséinates

Revue de presse de cette conférence :
- De nombreuses radios étaient présentes dont France Inter, France Info, RTL, Europe 1, Cherie FM, TSF.
- Un encart est paru dans le journal 20minutes, n°742 du 18 mai 2005, p 7 : "Les Verts réclament une enquête parlementaire sur l'irradiation des aliments, un procédé de conservation qu'ils estiment dangereux pour la santé."
- Une Dépêche AFP est tombée le soir même :
Irradiation des aliments: les Verts demandent une commission d'enquête
17/05/2005 - AFP - Les Verts, appuyés par une quinzaine d'associations écologistes et de consommateurs, ont demandé mardi la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'irradiation des aliments, un procédé de conservation que ses adversaires jugent dangereux pour la santé.
Cette commission devrait se pencher sur la réglementation en vigueur et son respect, déterminer la place de ces denrées dans l'alimentation et évaluer les risques pour la santé humaine et animale, a expliqué devant la presse le député Vert Yves Cochet.
Ce procédé, qui ne rend pas les aliments radioactifs, utilise une source de rayonnement ionisant pour tuer certains micro-organismes responsables de contaminations, empêcher la germination pour certains légumes ou ralentir le mûrissement des fruits.
Deux directives (lois-cadre) européennes limitent son utilisation aux épices et herbes aromatiques séchées, mais plusieurs pays, dont la France, ont obtenu des dérogations pour élargir le champ d'application (pommes de terre, légumes secs, viandes et abats de volailles, cuisses de grenouille, crevettes...).
"Pour que les produits aient l'apparence de la fraîcheur, on irradie", a souligné M. Cochet.
"On permet le commerce d'aliments qui arrivent en France à un niveau sanitaire correct uniquement par subterfuge", a estimé Laurent Leguyader (Action consommation), soulignant que de nombreuses denrées soumises à ce procédé venaient de pays aux "conditions sanitaires beaucoup moins strictes".
Le consommateur n'est plus en mesure de distinguer une denrée fraîche d'une autre "sur-conservée" par irradiation.
"L'irradiation détruit d'autre part une grande partie des bactéries dans les aliments, donc une grande partie de la vie", a expliqué Morgan Ody (Public citizen): des aliments sont modifiés dans leur structure chimique et leur équilibre bactériologique. On constate une diminution de 40 à 80% de certaines vitamines.
Enfin, les associations déplorent l'absence totale d'information, du fait de contrôles insuffisants: absence fréquente d'étiquetage et méconnaissance de la part réelle des denrées irradiées commercialisées en France.
Très utilisée aux Etats-Unis, l'irradiation, ou "ionisation", se développe dans les grands pays émergents comme le Brésil, l'Afrique du Sud, la Thaïlande ou les Philippines.
"Il y a une crainte que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) nous oblige à élargir la liste des produits pouvant être irradiés", a déploré M. Cochet, qui souhaite qu'on en revienne au moins à la stricte réglementation européenne.

samedi 7 mai 2005

OGM : un incident qui inquiète l'industrie aux USA

Aux Etats-Unis, Syngenta* a commercialisé illégalement un maïs OMG bt1** expérimental et ceci pendant quatre ans avant de s'en apercevoir ! L’industriel prétend qu’il s’agit d’une erreur !

Cette soi-disant « erreur », découverte en décembre 2004, a été révélée seulement fin mars 2005 par la revue scientifique "Nature". Ce maïs contenait un gène de résistance à un antibiotique, l’ampicilline, couramment utilisé. Ceci présente un danger car les transferts de gènes de résistances aux antibiotiques sont possibles vers d’autres cultures et pourraient, in fine, engendrer des phénomènes de résistance chez l’homme.

>>> Autorités : silence sur le sujet

L'Environmental Protection Agency (EPA), l'agence officielle américaine de protection de l'environnement, tout comme le département de l'agriculture (USDA), se gardent de médiatiser l'affaire et tentent de la minimiser. Il s'agit pourtant de 150 Km² cultivés avec ce mais OGM. Ces deux organismes de contrôle gardent un silence total sur leurs sites Internet où nous n'avons pas trouvé de communiqué sur cette délicate affaire.

« C’est assez scandaleux » a déclaré Greg Jaffe, Chef du projet biotechnologies au Centre pour la Science dans l’Intérêt du Public, un groupe de pression de Washington DC. « Cela montre que les entreprises et le gouvernement ne jouent pas franc jeu ! »
Le Codex Alimentarius qui définit les standards alimentaires mondiaux, et l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire demandent que les gènes marqueurs de résistances à des antibiotiques ne soient pas employés dans les cultures OGM.
Il faut préciser qu'il ne s'agit pas de la première erreur. Le StarLink, du maïs transgénique produit par Aventis CropScience et uniquement réservé à l'alimentation animale, s'est retrouvé dans la chaîne alimentaire humaine dans le passé.

Si le Starlink est interdit dans l'alimentation humaine, c'est en raison de risques d'allergies. Or, le développement de toxines par les plantes transgéniques constitue un véritable danger en cas d'allergie. Pour Jean-Pierre Berlan, Directeur de recherche à l'INRA, les « scientifiques découvrent une véritable " terra incognita ", qui pose des problèmes radicalement nouveaux parce qu'elle met en échec tout ce que nous savons. », ce qui peut poser d'immenses difficultés en cas de crise sanitaire. Surtout que selon Gilles-Eric Seralini, expert en OGM auprès de l'UE, « les OGM contiennent des pesticides jamais testés sur des cellules humaines ».
Un comble en matière de sécurité alimentaire !

* Firme phytosanitaire qui commercialise entre autre des pesticides à base de Paraquat
** Maïs génétiquement modifié par l'introduction d'un gène issu d'une bactérie et destiné à produire une toxine fatale à certains insectes.

jeudi 7 avril 2005

Manifestation des agriculteurs biologiques à Paris

1000 producteurs bio, soutenus par une foule de supporters, à Paris, repartent insatisfaits !

A l’appel de la FNABFédération Nationale des Agriculteurs Biologiques, 1000 agriculteurs biologiques ont manifesté le 7 avril 2005 à Paris pour demander des mesures immédiates en faveur de la bio. Cette mobilisation importante des paysans bio témoigne de l’envie et du besoin de cette profession, fortement pénalisée par les modalités actuelles d’attribution des aides agricoles, de se faire entendre et reconnaître comme acteurs essentiels de la vie économique, politique, sociale, et…environnementale.

De nombreuses organisations écologistes, (dont le MDRGF, Greenpeace, Objectifbio 2007…), des associations de consommateurs, des représentants de partis politiques (PS, Verts, Cap 21) sont venus exprimer leur soutien lors de cette journée.

Une délégation, composée du Président de la FNAB, des Biocoop, de Nature et Progrès, un représentant de l’ITAB, et du Président du MDRGF, s’est alors rendue au Ministère de l’Agriculture. Le représentant du Ministre qui les a reçu leur a annoncé la mise en place d’un crédit d’impôt en faveur des bio à partir de 2006, dans le cadre du projet de loi d’orientation agricole. Même si cette mesure va dans le bon sens, elle n’est pas suffisante et ne répond que partiellement aux demandes des bio en faveur d’une application plus équitable de la PAC, et d’une rémunération de reconnaissance pérenne, du fait des bénéfices sociaux et environnementaux dont profite l’ensemble de la société.
Il faut savoir que les agriculteurs bio touchent jusqu’à 40% d’aides en moins que leurs collègues travaillant en agriculture chimique, ce qui est pour le moins paradoxal alors qu’ils produisent des produits sains sans polluer leur environnement !. A l’heure même où la Mutualité Sociale Agricole s’inquiète de la santé des agriculteurs, et qu’est jugée crédible par les scientifiques, l’incidence des pesticides sur l’augmentation de certains cancers, l’on constate avec stupeur que l’agriculture chimique, et polluante, est favorisée par rapport à l’agriculture biologique !
La future loi d’orientation agricole ne montrera probablement aucun changement de cap par rapport à aujourd’hui. L’agriculture biologique restera alors seulement considérée comme une diversification possible. Nous espérons cependant encore assister à l’éveil d’une véritable volonté politique en faveur d’un changement de système qui entraînerait une revitalisation du monde agricole français, la fin de la désertification des campagnes, et ce en répondant aux attentes de la société et des consommateurs.

La FNAB va maintenant initier d’autres actions, y compris en régions, pour faire aboutir ses revendications. Le MDRGF sera à ses côtés, pour défendre ce mode de production respectueux de l’environnement et de la santé humaine.

mercredi 30 mars 2005

Les phytosanitaires et la santé des professionnels agricoles.


Compte rendu de la conférence de presse (MSA) - 30 mars 2005 :« Les phytosanitaires et la santé des professionnels agricoles. Quelle prévention pour les risques ? ».

Nadine Lauverjat, chargée de mission au MDRGF, était présente pour assister aux exposés de JP Grillet, Médecine chef de l’échelon national de Santé au travail, A. Nicolay, Ingénieur conseil en prévention, chef de projet national phytosanitaire, P. Lebailly, chercheur du groupe régional d’étude sur le cancer .

Une première enquête épidémiologique de grande ampleur sur les liens entre pesticides et cancers est lancée cette année par la Mutualité Sociale Agricole (MSA) en France – étude co-financée en partie par … l’UIPP, à hauteur de 3% ; c’est certes peu mais suffisant pour donner la primeur des résultats à ces marchands de pesticides.
Bref, la MSA s’est associée au GRECAN (Groupe régional d’étude sur le cancer) et au Laboratoire Santé Travail Environnement (LSTE) pour lancer cette étude dans 12 départements français possédant un registre des cancers.
Le problème, c’est que cette étude est très partielle puisqu’elle ne concerne justement que les départements qui ont un registre du cancer soit 12 sur 97 ce qui est peu.
De plus, bien que pour la première fois cette étude prenne enfin en considération les salariés agricoles (alors qu’avant seuls les exploitants faisaient l’objet de suivis), elle laisse de côté les familles d’agriculteurs et en premier les plus sensibles : les enfants.
Résultats attendus pour 2008…
Au cours de la présentation de cette étude et du travail de la MSA, nous avons été heureux d’apprendre que cette dernière « s’investit dans de nombreuses études » sur
- le dithiocarbamates (fongicides). Concernant ce fongicide, la MSA se pose la question suivante « comment limiter les risques ? ». En effet, il semble que la MSA, par le biais de son réseau de vigilance « Phyt’Attitude », ait recueilli un bon nombre de plaintes. Alors voici notre réponse à destination de la MSA : la bonne manière pour en limiter les risques c’est de diminuer fortement ou même d’en stopper l’utilisation !
- la MSA se penche aussi sur des études françaises sur la neurotoxicité qui concluent à : « une fréquence plus fortes de troubles mnésiques et neuro-comportementaux » (Fiche MSA n°3bis - enquête Phytoner) ou encore à « l’existence d’une corrélation positive entre exposition prolongée aux pesticides et maladie de Parkinson … avec un risque de survenu de la maladie multiplié par 1,85 chez les professionnels » (Fiche MSA n°3bis- enquête cas/témoin Terre). Mais alors aux vues de ces études (et toutes celles déjà existantes sur ces questions), pourquoi remettre à plus tard les mesures de réduction d’utilisation des pesticides de synthèse?
En revanche, aucune étude « sérieuse » de prévue sur les autres pathologies liées à l’utilisation de certains pesticides. Rien sur la perturbation du système hormonal et les problèmes de stérilité et de malformations qui lui sont liés, rien sur l’immunotoxicité, ….,
Et quid des maladies dites bénignes comme l’asthme et autres allergies... ? rien de prévu non plus….
Cependant nous avons été heureux de constater qu’une des priorités de la MSA était de faire de la prévention primaire et de réduire les risques en amont en faisant la promotion de… la lutte intégrée… Allez, encore un petit effort et bientôt, la MSA fera la promotion de la production intégrée et même de l’agriculture biologique présentée comme garde-fou d’une vie saine et équilibrée. On peut rêver…
Articles sur l’étude
http://www.liberation.fr/page.php?


1 : Mutualité Sociale Agricole